














Nils-Udo, Nids
Et aussi Architecture, design, urbanisme, Land Art au Cercle d'Art
Cueco Marinette
Et aussi Architecture, design, urbanisme, Land Art au Cercle d'Art
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Découvrons l'Art
Le parcours de Nils-Udo apparaît comme une parfaite illustration du processus de « dépassement dialectique » tel que le concevait le philosophe Hegel : un mouvement qui réunit intimement deux tendances opposées (continuité et rupture, affirmation et négation) et où l'on doit d'abord se perdre pour se retrouver.
Parti de la peinture et venu à Paris pour s'y adonner pleinement, il y renonce brusquement en 1972. Rentré en Allemagne et installé en Haute Bavière, il découvre une autre manière d'exalter le thème de sa vie (la toute puissance créatrice de la nature) en le célébrant par des arrangements et installations
in situ. Plus de pinceaux ni de toiles, mais de somptueuses photographies où il fixe l'état initial et changeant de ses véritables sculptures vivantes, périssables et absorbées dans les cycles naturels.
« Un beau jour je me suis dit : tu arrêtes de vouloir thématiser la Nature d'une façon quasi-artificielle. Tu vas aller travailler directement dans et avec elle. »
Ainsi veut-il « dépasser » la représentation du réel, pour lui substituer sa présence même, sortir de l'atelier pour un nouvel espace de création : la nature. Du coup, son art ne sera plus assomption vers l'absolu,
mais inscription dans l'éphémère, et l'œuvre ne sera plus accrochée aux cimaises d'une galerie, mais « vivra » véritablement au rythme de la nature dont elle est partie intégrante.
Un tel choix de rompre avec les valeurs et les postures « classiques » de la tradition artistique (atelier, modèle, chevalet, toile, pinceau), si marquant de ce que l'on appelle « l'art contemporain », apparente le parcours de Nils-Udo à celui que d'autres artistes emprunteront à peu près au même moment. Déconstruire la « représentation et l'abandonner pour la « présence » même de la réalité, sortir l'art de ses lieux attitrés habituels, dénoncer les faux semblants de la société de consommation et son avalanche de marchandises au profit d'un retour à l'authenticité de la nature, bien des artistes ont inscrit leur travail dans ces intentions.
En 2005 - troisième moment - il revient à la peinture, enrichi dans son approche de tout le travail qu'il a accompli dans et avec la nature (qu'il poursuit d'ailleurs parallèlement). « Cette fois, dit-il, je me sens à la hauteur de la tâche que je portais en moi dès mes débuts. » Ce qui frappe quand on regarde les œuvres de Nils-Udo c'est l'incendie de ses couleurs. La puissance interne, la vitalité de la nature se manifestent ainsi.
Sublime énergie qui anime la botanique imaginaire de Nils-Udo : nous ressourcer dans la nature, tout en nous ouvrant largement à la grande songerie des âmes et en nous livrant au vent tumultueux des rêves.
C'est désormais avec les couleurs savamment composées sur ses toiles qu'il nous entraine et qu'il écrit depuis quelques années un chapitre inédit et nouveau de son entreprise artistique, tout entière marquée dès les débuts de son travail dans la nature, par son incomparable talent.
Extrait du texte de Bernard Vasseur